Tata Janine – Le sol au fil des saisons

À Metz, sur une colline surplombant la ville, se trouve une petite maison. En passant le portail, on entre dans un grand jardin, où s’épanouissent cerisiers, pruniers, pommiers et mirabelliers, où le gazon est parsemé de primevères et de violettes, où les chats se prélassent dans les massifs qui apportent à chaque saison leur lot de fleurs et de couleurs.

C’est dans ce havre de paix que vit notre grand tante, Janine Schwarz. C’est dans cette maison qu’elle a grandi et c’est ce jardin que ses parents cultivaient avant elle et qui a nourrit sa famille. Proche de la terre, elle a toujours aimé jardiner, passion que sa mère a su lui transmettre. En effet, durant son enfance dans les années 40, ses parents cultivaient entièrement ce jardin de douze ares.

Le printemps dans le jardin de Janine Schwarz à Queuleu, Metz, France

Au printemps, les fruitiers s’en donnent à cœur joie et donnent un air de paradis au jardin de Janine Schwarz.

Petite, elle s’occupait de son propre coin de jardin, près du portail où elle cultivait notamment le plus beau persil du quartier. « Les voisines venaient toujours m’en prendre des bouquets, mais jamais elles ne m’auraient donné une pièce pour ça » raconte-t-elle en riant.

Un lien fort à la terre

La terre, elle ne s’en est jamais beaucoup éloignée, bien qu’elle n’ait pu réaliser son rêve d’enfant d’être horticultrice ou agricultrice, faute d’argent pour une formation supérieure. A quinze ans, son diplôme de secrétariat en poche, elle choisi d’aller travailler chez un producteur/distributeur grainier, malgré un faible salaire. Elle y réalise toute sa carrière. Au début sténo/dactylo, elle apprend rapidement les base du métier et prodiguera ensuite des conseils de culture pour les différentes variétés de fourrages, légumes et fleurs aux agriculteurs et jardiniers de France entière.

Janine Schwarz

Pour Janine Schwarz, le retour du printemps ce n’est pas seulement le retour des beaux jours, mais c’est aussi le sol qui se réveille.

Mais c’est au jardin qu’elle a toujours aimé passer son temps. Depuis sa retraite elle a plus de temps pour cultiver son potager de quatre ares et fleurir le reste du jardin, en créant des massifs colorés et « sauvages » ; un jardin « naturellement naturel », comme elle aime le répéter.

Son attachement à la terre, au sol, est donc lié au plaisir de jardiner, de créer, de produire soi-même ses légumes. Travailler le sol c’est faire appel à ses sens : de la redécouverte du goût des concombres à l’évolution de l’odeur de la terre au fil des saisons.

Mais pour elle c’est aussi un contact direct avec le cycle de la vie. Ce jardin, c’est sa vie, c’est ses racines aussi : sa famille le cultivait depuis 1892. Pour cette jardinière passionnée, le sol représente la Vie, mais également la Mort, liés en un cycle. « On se nourrit grâce au sol, on y vit, on y construit sa maison, mais quand on meurt, on retourne dessous, on retourne à la terre. » Ce lien entre la Vie et la Mort se rappelle au jardinier d’année en année : « au jardin, chaque année, c’est tout une vie que l’on voit se dérouler. Du printemps de la naissance  à la mort hivernale où la nature se repose ».

Les Trente Glorieuses : de profonds changements dans le monde agricole et jardinier

C’est surtout à travers son travail, qu’elle a pu vivre les changements dans les pratiques culturales depuis l’avant-guerre à nos jours en passant par les Trente Glorieuses, qui ont modelé la société que nous connaissons.

Durant cette période d’après-guerre, elle a vu l’arrivée nouvelles variétés , de légumes (poivrons, aubergines,…) ou de fourrage (festuca) notamment. Mais surtout, révolution au jardin, l’arrivée de gazon dans les jardins privés. Impensable à l’époque de ses parents, où chaque mètre carré de jardin était cultivé, le gazon marque le passage d’un jardin utilitaire à un jardin d’agrément. Ceci semble bien symboliser l’esprit de cette époque des Trente Glorieuses : l’avènement d’une société de loisir et de consommation.

Primevères sur gazon

Pour Janine, « il n’y a rien de plus con qu’un gazon : c’est mort, c’est stérile, ça n’a pas de saison ». C’est pour ça qu’elle laisse le sien fleurir de primevères et de violettes, que la mousse y reprend ses droits.

Autre changement radical, elle voit l’arrivée des pesticides, herbicides et engrais chimiques de toute sorte. Pour elle c’est le résultat d’une course à la productivité et également l’ardent désir de travailler moins, qui enrichissent les industriels en empoisonnant les sols et les rivières. Que ce soit au niveau des exploitations agricoles ou à celui des jardiniers privés, tout était fait pour encourager l’achat d’une large gamme de produits. « A l’époque, on n’avait pas conscience des dégâts causés par ces pratiques sur la Nature et les sols. C’est sans doute même les utilisateurs privés qui ont dû causer le plus de dégâts en utilisant ces produits à des doses beaucoup trop élevées sur de petites surfaces, faute d’informations appropriées. » déclare-t-elle, jetant un regard critique sur cette surconsommation. « On se rend compte maintenant des dégâts que l’on a causé au sol. » Pourtant, face à cette situation, Janine reste optimiste. « C’est sûr que l’on a été trop loin ; mais maintenant de plus en plus de gens ont conscience de cela. Les gens retournent au jardin avec l’envie de mettre la main à la pâte. On voit de plus en plus de petits jardins ouvriers en dehors des villes ou de jardins communautaires. Les gens commencent à se rendre compte qu’il est possible de nourrir une famille avec un petit jardin et de plus en plus de gens préfèrent se retrouver, passer le week-end au jardin avec des amis plutôt que d’aller à Walt Disney. »

Comme Jean-Michel Gobat, Janine Schwarz souligne l’importance du jardinage et donc du sol pour permettre de se rencontrer et d’échanger. D’ailleurs, en dehors du temps qu’elle passe dans son jardin, elle va visiter le jardin des autres et s’engage activement dans la Société d’Horticulture de Metz. Le jardinage est bien une passion qui lie les gens et la terre sur les mains un bonheur qui se partage !

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Jean-Michel Gobat, de la végétation au sol

Ce premier portrait est pour nous un peu particulier. En effet le Professeur Jean-Michel Gobat est celui qui, durant nos études, nous a fait découvrir le sol. Nous avons donc la possibilité de commencer notre série de portraits en vous faisant découvrir le sol comme nous l’avons fait : à travers le regard de Jean-Michel.

Professeur Gobat, Jean-Michel, Jean-Mi, Gobat… être à la fois directeur, enseignant, chercheur, père, ex-bassiste d’un groupe de rock vous offre autant de diminutifs que de casquettes. Mais peu importe le couvre-chef, il les porte tous avec sourire et entrain, guidé par sa volonté d’enseigner et d’apprendre. Ainsi lorsque nous l’avons contacté pour lui parler de notre projet, il nous a accueillis avec plaisir et c’est de bon cœur qu’il a répondu à nos questions.

L’enseignement : une valeur qui guide ses pas

Si nous avons entamé ce projet, c’est en grande partie grâce à son enthousiasme et surtout à la qualité de son enseignement. Ce n’est donc pas étonnant que la soif de transmettre un savoir, qu’il place au cœur de son métier, ait baigné toute sa vie : de son enfance dans le Jura bernois, entouré d’une famille d’enseignants, à ses études, guidées par l’enthousiasme de ses professeurs.

Jean-Michel Gobat durant une excursion (photo Unine)

Pourquoi la pédologie ?

Si son père lui a fait découvrir la botanique durant son enfance, c’est d’abord vers une carrière dans les sciences dures, en mathématiques, qu’il se dirige durant ses études secondaires. Toutefois, durant les dernières semaines avant son bac, la nature le rappelle lors d’un stage de biologie. Ce stage, axé sur les aspects pratiques de l’écologie, comme la bio-indication, le pousse à entamer des études de biologie à Neuchâtel.

La phytosociologie, sociologie des plantes.
Vous avez surement déjà remarqué en vous promenant que d’une forêt à l’autre, ou d’un pré à l’autre, la végétation change. Mais aviez-vous réalisé que certaines plantes s’associent ? Ce sont ces groupements végétaux que le phytosociologue étudie. Il cherche à comprendre quels facteurs (climat, acidité du sol, calcaire, pollution...) vont réunir un groupe de plantes dans un écosystème et ainsi déterminer quelles sont les espèces « typiques » d’un milieu. Leur travail est particulièrement important, car il permet d’identifier des bioindicateurs fiables qui vont permettre de suivre l’évolution d’un écosystème. Les phytosociologues sont ainsi en première ligne pour détecter les effets du réchauffement climatique sur l'environnement.

Lorsqu’il commence ses études universitaires, la pédologie est très peu enseignée dans les universités de Suisse ; il n’existe alors que quelques cours réservés aux futurs ingénieurs agronomes. Il découvre néanmoins le sol grâce à trois professeurs de Neuchâtel, qui, s’ils n’étaient pas spécialistes du sol, y accordaient une importance particulière. Willy Mattey y voyait un habitat pour les insectes, Daniel Aubert le lieu de rencontre de la biologie et de la géologie et Jean-Louis Richard un facteur explicatif de la présence des différents types de végétation.

Ces professeurs lui permettent de comprendre l’importance du sol, mais il n’en fait alors pas une vocation, et finit son diplôme en se spécialisant en phytosociologie. Sa licence en poche, sa volonté d’enseigner le pousse à rester dans un milieu universitaire qui permettait alors d’avancer librement sans avoir forcément un plan de carrière bien établi.

Ainsi, alors qu’il réfléchit à un possible sujet de thèse, un collègue, Jean-Daniel Gallandat, lui propose de s’associer à son projet de recherche sur la végétation des tourbières et de « regarder ce qu’il y a en dessous ».

Le sol fait son entrée en fanfare dans sa carrière et, de fil en aiguille, il deviendra professeur d’écologie et de pédologie et directeur du Laboratoire Sol et Végétation, co-instigateur d’une filière interdisciplinaire en biogéosciences.

Le sol – la vie dans tous ses états !

Le sol, pour Jean-Michel Gobat, c’est avant tout un lieu de rencontre. Lieu de rencontres et d’échanges fondamental dans la nature, lieu de rencontres économiques, en tant que source de notre alimentation, et encore lieu de rencontres sociales. Le sol, c’est bien plus qu’un mélange de matière organique, d’argile et d’humus. C’est grâce au sol que ce professeur récolte les petits fruits de son jardin et qu’il peut rencontrer son voisin de jardin originaire du Portugal et discuter de leurs récoltes. Ce contact social, il le retrouve également avec ses étudiants de master, qu’il accompagne sur le terrain, pelle en main pour étudier les profils de sol. « On est dans le trou, on creuse, on discute. » Enseignant passionné et passionnant, Jean-Michel n’aurait pu trouver un meilleur vecteur, un meilleur angle d’approche que le sol pour enseigner l’écologie et faire passer le message clef de la complexité.

Hors de son travail, le sol, c’est surtout la base des paysages qu’il aime arpenter. Et, comme il n’y a pas de bon ou de mauvais paysages hors des regards du promeneur, il ne saurait définir un « bon » sol dont les qualités attendues ne seront pas les mêmes si l’on apprécie l’odeur d’humus en se promenant en forêt, si l’on veut cultiver du maïs ou encore si l’on étudie la faune du sol.  » Le sol, c’est avant tout le support du cadre de vie. Mais il est possible qu’on n’en ait conscience que lorsqu’on a pu observer le sol sous un angle scientifique. C’est justement grâce à cette approche scientifique que l’on se donne les moyens d’exprimer la complexité des rôles du sol ».

Les podzols sont des sols bien particuliers. Celui-ci, concentré sur quelques centimètres, a fait l'admiration d'un collègue russe de Jean-Michel. Ce pédologue russe y a vu un sol à l'image de la Suisse, pays qui, bien que petit, révèle de nombreuses surprises

Les sols en péril ?

Face aux changements climatiques et à la multiplication des menaces sur les sols, le chercheur n’a pas directement observé de changements au niveau des sols durant sa carrière : « Pour les sols, 30 ans, c’est trop court. » Il a par contre nettement pu observer des modifications de la végétation qui, elle, réagit plus rapidement aux changements. Lorsqu’on lui demande s’il est inquiet pour l’avenir des sols, il hésite entre pessimisme et optimisme. La pression sur les sols augmente d’année en année et les conférences comme celle de Copenhague sont des échecs. Mais, d’un autre côté, il y a vingt ans il était inimaginable de réunir des chefs d’Etats pour parler d’environnement. « Les politiciens ont toujours 20 ans de retard, il faut faire avec. »

« Le sol c’est la découverte! » – Partie 2

En colonne par deux nous rentrons à l’école de Paully, toute proche du sommet du Mont Pèlerin, surplombant le Léman. Perdue au milieu des champs, il  y a longtemps que cette petite école d’une classe n’accueille plus d’élèves à l’année. Mais tous les ans, des élèves du collège de Corsier animent sa cour de récréation lors de journées vertes, comme celle à laquelle nous avons participé.

Après un pique-nique et une récréation mouvementée (le chien d’une ferme voisine est venu se joindre à la fête et jouer à la balle), nous nous séparons en deux groupes pour observer la vie du sol de plus près.

Un groupe observe la litière et ses insectes ; un groupe prépare une culture de bactéries et de champignons.

Après le terrain, en route pour "le labo"

Un voyage au cœur des feuilles mortes

Avec une loupe binoculaire, c’est un nouveau monde qui s’offre à nous! Un champignon devient un réseau de chemins pareil à de la dentelle finement découpée, les crottes des vers de bois deviennent des miel pops ; même les grumeaux de terre, luisants sous une fine pellicule d’eau sont à eux seuls une planète à découvrir! Et surtout, en regardant de plus près ces feuilles, ces branches mortes, apparaissent à nos yeux leurs multiples habitants: collemboles, oribates, larves de diptères… à l’œil nu, jamais on n’aurait soupçonné leur présence. Un observateur attentif et courageux aurait pu observer quelques points noirs se déplaçant sur le bois mais à la loupe, ce sont des petits animaux de formes et de couleurs différentes tout droit sorti d’un autre monde ! De la sciences fiction? Non, de la science tout court! Découvrir des nouveaux mondes, c’est encore possible avec une loupe! Le sol, dernière frontière de l’inconnu! 😉

Une loupe, un peu de litière et c'est parti pour la découverte d'un nouveau monde !

Bactéries et champignon : invisibles même à la loupe!

Mais la vie du sol, ce ne sont pas que les insectes et autres petits animaux. La majeure partie de la vie du sol est invisible même à la loupe! Ce sont les bactéries et les champignons, les décomposeurs finaux de la matière organique. Pour les voir, il faut un microscope, ou des analyses du sol plus poussées. Le seul moyen à disposition pour les voir à l’œil nu, les mettre en culture sur un milieu nutritif. Dans les boîtes de pétri, les colonies de bactérie et les champignons se développeront en taches ou en réseaux, qui seront plus facilement observables.

Mais laissons la parole à notre classe pour le protocole et les résultats de l’expérience :

Les bactéries du sol : ces petites bêtes invisibles

Matériel :

• pipettes
• boîte de pétri avec gel nutritif
• échantillons de sol de forêt
• de l’eau distillée
• un produit désinfectant à l’alcool
• un marqueur noir
• une petite cuillère
• du scotch

Étapes de l’expérience :

  1. Nous avons formé deux groupes : un groupe sol et un groupe H2O. Nous avons ensuite écrit notre nom et « H2O » ou « sol » sur les boîtes de pétri.

  2. Nous avons désinfecté nos mains et la table.

  3. Nous avons mis un petit peu de terre (une pointe de cuillère à café) dans de l’eau distillée, puis nous avons bien agité la bouteille.

  4. Les enfants « H2O » ont ensuite mis de l’eau distillée pure dans leur boîte de pétri à l’aide d’une pipette.

    Les enfants « sol » y ont mis notre mélange d’eau et de sol.

    Nous avons fait très attention à ne pas contaminer nos boîtes avec d’autres bactéries.

  5. Nous avons ensuite agité les boîtes pour répartir le liquide, puis nous les avons scotchées et gardées au frais durant deux jours.

Nos observations :

Boîtes H2O :

Comme prévu, rien ne s’est passé, car l’eau était stérilisée. A part dans certaines boîtes où quelques bactéries se sont introduites.

Boîtes sol :

Il y avait énormément de bactéries à observer, ainsi que quelques champignons.

Conclusion :

Nous avons pu observer que le sol est plein de vie, même microscopique, qui contribue à son équilibre.

Art abstrait ? Non, bactéries du sol. Chaque "tache", appelée colonie, correspond à une bactérie déposée sur la boîte. Ces bactéries se sont multipliées jusqu'à être assez nombreuses pour être visibles à l'œil nu

Des commerçants neuchâtelois s’engagent pour le sol !

Après vous avoir présenté Charles du magasin Le Nomade à Vevey, nous avons continué à démarcher les commerçants de coin. Nous avons ainsi trouvé de nouveaux sponsors pour notre projet, mais nous avons aussi eu l’occasion de rencontrer toute une joyeuse équipe de commerçants engagés, sensibles à notre projet et surtout sympathiques. A chaque fois nous avons un vrai plaisir à discuter avec chacun d’eux et, avant de les remercier pour leur soutien « matériel », nous souhaitons les remercier pour leur accueil, leurs conseils et les discussions enrichissantes que nous avons eu avec chacun.

Par ordre alphabétiques nos nouveaux sponsors sont :

MBH informatique à Peseux. Lorsque nous sommes rentrés dans cette boutique avec notre ordinateur moribond, nous étions tout inquiet. Moins d’une semaine avant notre départ, nous venions de perdre notre outil de rédaction et de nombreux fichiers importants. Le « boss » Haci Mercan s’est tout de suite montré ouvert à l’idée de soutenir notre projet (il faut dire qu’il soutient des projets à tour de bras, entre autre en redistribuant du matériel d’occasion). Avec Mikael Thurler, son collègue, ils ont remué ciel et terre, avec succès, pour sauver nos données malgré un pronostique plutôt pessimiste. Un seul regret, ne pas avoir eu le temps d’honorer l’invitation de Haci à boire un café avec lui dans son magasin. Alors si vous avez besoin de matériel informatique (ordinateurs, périphériques, recharges d’imprimante…) ou de téléphonie, passez boire un café avec lui à notre santé !

L'équipe de MBH Informatique et Téléphonie, sponsors de Regards sur le sol

Pharmacie de la Côte à Corcelles. C’est pleins d’espoirs que nous sommes allé toquer à la porte de Christian Borel. En effet, cette pharmacie que nous connaissions bien offre une large place aux produits naturels et bio. Lorsque nous avons rencontré le Dr Borel, nous avons rencontré un entrepreneur investit dans de nombreux projets avec une forte dimension humaniste. Nous avons ainsi passé un agréable moment à l’écouter présenter ses concepts de crowd funding (financement par la foule) et de moteurs solaires alternatifs. Mais son premier métier, c’est la pharmacie, et il nous a ainsi préparé une petite pharmacie de voyage à base d’huiles essentielles. On espère ne pas en avoir besoin, mais nous l’avons précieusement rangée dans nos sacs à dos. Dans tous les cas, si vous cherchez un pharmacien sympa qui ne parle pas que molécules de synthèse, rendez-lui visite !

Christian Borel, Pharmacien engagé de Corcelles et sponsor du projet

Photo Américain à Neuchâtel. The last but not the least ! Vous y rencontrerez Jean-Luc Robert, un lève-tôt qui tient la baraque depuis 2005. Ancien militaire à la fibre écolo, conscient de l’impact de l’armée sur les sols, il s’est tout de suite enthousiasmé pour notre projet et a tout fait pour nous apporter son soutien malgré une conjoncture difficile pour les petits commerces. A l’écoute de ses clients et de ses employés, il se fera un plaisir de vous conseiller pour l’achat du matériel photo qu’il vous faut ou prendre un portrait de vous, de vos proches ou même de votre animal de compagnie. Mais surtout, vous pourrez découvrir dans son magasin une antique photo de la ferme Robert, au pied du Creux du Van. Si vous êtes de la région, il a encore besoin d’aide pour identifier les personnes qui y figurent ! Alors n’hésitez pas à aller le saluer de notre part !

Jean-Louis Robert, photographe sympathique et accueillant à Neuchâtel.

« Le sol c’est la découverte! » – Premier contact avec le sol pour une classe de Corsier

Vendredi matin, 8h30, gare du Funiculaire Vevey-Le Mont-Pélerin. 20 enfants pleins d’énergie trépignent d’impatience devant les portes du funiculaire. Certains, armés de leurs boîtes d’observation, ont déjà attrapé les araignées et insectes qui avaient mal choisi leur cachette. C’est l’effervescence! Et quelle chance d’être accompagnés de deux biologistes, dont une est la sœur de leur maîtresse! Les questions fusent. C’est que nous nous apprêtons à passer la journée en forêt pour y découvrir un monde encore inconnu : le sol!

Nous nous arrêtons à Paully, en lisière de forêt, pour voir ce qu’est le sol aux yeux des enfants, avant d’utiliser nos sens. Pour eux, le sol c’est avant tout le support des plantes et des activités humaines. C’est sur le sol que l’on construit maisons, routes, tuyaux, terrain de foot (le regard d’un ingénieur civil ?). C’est sur le sol que poussent l’herbe et les arbres.

Des explications sur le sol à l'ombre des arbres

Le sol est le support de nos activités, mais est-ce tout ?

C’est parti pour l’exploration! A l’ombre des hêtres et des chênes (quelle idée de faire ça en mars!), les enfants explorent la litière, première couche du sol, à la recherche de nouveaux éléments. En forêt, il n’est plus question ni de route ni de tuyau ; ils découvrent champignons, graines, feuilles, bois décomposé, insectes, cailloux,… Chacun présente aux autres ce qu’il a trouvé. Et Gaëtan, devant un public déjà conquis, explique comment les feuilles mortes sont grignotées, décomposées par les animaux et champignons pour devenir terre et nourrir à leur tour d’autres plantes.

En file indienne, nous nous dirigeons vers notre profil de sol.

Pour approfondir nos connaissances, Creusons !

Nous zigzaguons entre les arbres, enjambons les arbres tombés pour rejoindre le profil que Gaëtan, Sarah et moi avons creusé quelques jours auparavant. Réunis autour du trou, les enfants observent ce dégradé de couleur qu’est le sol, passant du noir de la litière au beige des couches plus profondes. Différences de couleur, présence de pierres ou de racines entre les différents niveaux : c’est bien la vie qui façonne cet univers. A la surface, plantes et animaux, dans les profondeurs, la roche et entre les deux, un dégradé progressif, mélange intime du minéral et du vivant.

La main à la pâte.

Rien de tel que d’utiliser ses doigts pour s’en rendre mieux compte ! Nous récoltons des échantillons de chaque couche. On s’emploie à les toucher, à essayer de les modeler. Les différences sont flagrantes : les enfants font de magnifiques boudins avec la terre des couches profondes, grâce à la présence d’argile en grande quantité. Avec la couche supérieure, juste sous la litière, c’est impossible. Par contre cette terre très noire, s’étale dans la main et est très douce au toucher. Soyeuse, c’est le mot utilisé dans le jargon qui marque la présence de grandes quantités de matière organique. Issue des plantes et de tout ce qui était vivant, c’est le fruit du labeur des petits animaux décomposeurs et des différentes bactéries et champignons, qui découpent la litière en éléments plus fins.

Matière ogra-quoi ? Matière organique ! Un mot un peu compliqué, mais Sarah connaît tous les trucs pour s’en rappeler ! Répétez en cœur : Matière organique. Concentrez vous pour l’entendre dans votre tête. Écrivez-le en l’air avec votre doigt, et maintenant, regardez ce tronc d’arbre et imaginez-vous le mot matière organique écrit en rouge sur le tronc.

Vous vous en souvenez ? Alors rentrons en classe pour pique-niquer et voir de nos yeux ces décomposeurs mystérieux !

A suivre…

La découverte d'un sol passe par les cinq sens!

Notre 1er sponsor

Youhou !

cela faisait un moment que nous cherchions des gens intéressés à soutenir notre projet et alors que nous commencions à désespérer nous avons enfin trouvé notre premier sponsor : le magasin de matériel de montagne et de voyage Le Nomade à Vevey.

C’est en cherchant une partie du matériel qui nous manque encore, que nous avons rencontré Charles, patron du Nomade, qui s’est tout de suite intéressé à notre projet. Amoureux du voyage, notre projet ne pouvait que lui parler et l’aspect sol fut un élément de plus pour le pousser à nous soutenir. En effet, une partie de sa famille cultivant des vignes, la problématique des sol lui était familière. C’est donc pas loin de trois heures que nous avons passé dans son magasin à parler matériel et affaires mais aussi, voyage et sol.

notre premier sponsor

Charles dans son magasin Le Nomade, rue du Lac 39, Quai Perdonnet à Vevey

Nous vous invitons donc à aller à la rencontre de Charles et de son équipe au Nomade,  rue du Lac 39, sur le Quai Perdonnet à Vevey.  Non seulement ils soutiennent notre projet, mais surtout vous y rencontrez une équipe très sympa qui connait son métier, pas pressée et à votre écoute.  Tous ça pour dire que c’est avec plaisir et sans arrière pensée que nous leur faisons un peu de pub.

A venir

Pour nous le temps file de plus en plus vite, mais nous trouvons un peu de temps pour essayer de vous accrocher à notre blog. D’ici à notre départ, il nous reste plein de choses pas toujours très passionnantes à finir (assurances, impôt, vaccins, boulot…). Mais heureusement, il y a aussi des choses plus intéressantes (pour nous et pour vous) :

  • Comme on vous l’a déjà dit, nous comptons vous faire découvrir au plus vite le portrait de celui qui nous a fait découvrir le sol, donc on travaille là-dessus dès qu’on peut. En attendant voici une petite vidéo du Professeur J.-M. Gobat qui présente « le Sol Vivant », livre de chevet de nombreux étudiants.

Cliquez pour la video de J.-M Gobat

  • Nous avons prévu encore une série d’interviews avant de partir afin d’avoir du matériel de réserve et de roder notre questionnaire.
  • Nous prenons des contacts pour faire parler de notre projet. Pour le moment, nous sommes plutôt optimistes pour un ou deux journaux romands et aussi pour la RSR. Alors ouvrez vos yeux et vos oreilles pour ne pas nous louper !!
    Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de le lire voici une copie du sympathique article que nous a consacré l’Express:  Pour l’article de l’Express c’est ici
  • Ce week-end nous partons en repérage au Mont-Pèlerin (VD), pas pour notre voyage, mais pour préparer le premier contact avec le sol de la classe de primaire qui va nous suivre.  Si la météo le permet, nous prendrons quelques photos du site, que l’on se réjouit de poster, en attendant de vous présenter « notre » classe.

Donc voilà, encore plein de choses à régler avant le départ, sans compter tous les amis et la famille à voir avant de partir, moments à la fois joyeux et tristes. Malgré tout nous nous réjouissons d’être sur les routes, de faire des rencontres… Et de vous les présenter !

Ne perdez pas notre trace, suivez nous !